La Cour des comptes plaide pour une refonte globale du parcours de soins dans le diabète

La Cour des comptes a publié un rapport thématique en juillet 2025, qui analyse les politiques de prévention et de prise en charge précoce du diabète, principalement de type 2 (DT2).  Ce travail s’appuie sur l’exploitation des données du SNDS, de l’enquête Entred, et sur une série d’auditions d’acteurs institutionnels (HAS, SpF, ARS, CNAM), professionnels de santé et associations de patients.

La prévalence du diabète augmente en France : avec 3,8 millions de personnes traitées pour un diabète en 2023, dont 92 % sont atteintes de diabète de type 2. Un chiffre en constante progression, corrélée au vieillissement de la population, à l’augmentation de l’obésité et qui s’accompagne d’importantes inégalités sociales et territoriales. En effet, le risque de développer un DT2 est 2,8 fois plus élevé chez les 10 % les plus modestes. Les territoires ultramarins et certaines régions métropolitaines comme les Hauts-de-France restent particulièrement touchés. En 2022 – 10,2 milliards d’euros ont été consacrés aux soins liés au diabète – malgré cela, 30 % des patients nouvellement pris en charge présentent déjà des complications spécifiques. Le rapport souligne ainsi un défaut majeur de prévention, de diagnostic précoce et d’accompagnement.

La Cour des comptes insiste sur l’urgence de repenser l’entrée dans le parcours de soins pour les patients diabétiques. Elle préconise que chaque patient diagnostiqué bénéficie immédiatement : éducation thérapeutique du patient (ETP), activité physique adaptée (APA) et intervention nutritionnelle. Le rapport propose également de réformer le régime des affections de longue durée (ALD) pour le DT2. Il souhaite distinguer deux niveaux : un premier, pour les patients sans complications, où l’accent serait mis sur les mesures de prévention et d’accompagnement non médicamenteuses, et un second pour ceux présentant des complications.

Enfin, la Cour des comptes appelle à une intensification des politiques de prévention primaire, en particulier autour de l’alimentation. Elle recommande un durcissement de la régulation de l’offre alimentaire et de la publicité, ainsi qu’un élargissement de la fiscalité comportementale (taxe sur les produits à sucres ajoutés au-delà des sodas). Ces mesures, combinées à une stratégie nationale nutritionnelle et sanitaire mieux coordonnée, constituent des leviers essentiels pour freiner l’incidence du DT2.

Recommandations principales de la Cour des comptes :

  1. Créer deux niveaux d’ALD pour le DT2, selon la sévérité et la présence de complications.
  2. Proposer systématiquement, dès le diagnostic, un parcours de soins structuré avec ETP, activité physique adapté (APA) et suivi nutritionnel.
  3. Étendre l’ETP au-delà des programmes actuels qui ont été encadrés par arrêté
  4. Recenser l’offre réelle d’ETP pour en vérifier l’accessibilité.
  5. Renforcer les restrictions publicitaires sur les produits NutriScore D et E et évaluer l’impact de l’augmentation de la taxe sur les boissons sucrées et envisager son élargissement à tous les produits à sucres ajoutés.

Rapport à lire ici https://lnkd.in/eR6zKiSj

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