Une thérapie allogénique innovante dans le diabète de type 1

Les équipes du Pr François Pattou et du Pr Marie-Christine Vantyghem-Haudiquet du CHU de Lille ont réalisé, pour la première fois, une greffe d’îlots pancréatiques dérivés de cellules souches embryonnaires, dans le cadre d’une étude internationale chez les patients atteints de diabète de type 1. Ils ont réalisé une étude de phase 1–2 sur la sécurité et l’efficacité d’une thérapie cellulaire innovante : le zimislecel. Cette thérapie cellulaire est à base d’îlots pancréatiques dérivés de cellules souches allogéniques.

Les résultats, publiés dans le New England Journal of medecine, apportent des données prometteuses. Dans la première partie de l’étude (groupe A), les participants ont reçu une demi-dose de zimislecel (0,4×10⁹ cellules) par perfusion unique dans la veine porte, avec la possibilité d’une seconde perfusion de même dose dans un délai de deux ans. Les groupes B et C ont consisté en l’administration d’une dose complète (0,8×10⁹ cellules), également par perfusion unique. Tous les participants ont reçu un traitement immunosuppresseur exempt de glucocorticoïdes. Le critère principal du groupe A portait sur la tolérance au traitement. Dans le groupe C, le critère principal d’évaluation était l’absence d’épisodes sévères d’hypoglycémie entre le 90e et le 365e jour, associée à une hémoglobine glyquée (HbA1c) inférieure à 7 %. Les critères secondaires du groupe C incluaient la sécurité et l’indépendance à l’insuline sur cette même période.

Résultats

Quatorze patients (2 dans le groupe A et 12 dans les groupes B et C) ont été inclus dans les analyses, chacun ayant bénéficié d’un suivi d’au moins 12 mois. Tous présentaient une absence complète de peptide C à l’inclusion, témoignant d’une absence totale de fonction des cellules bêta. Après l’administration de zimislecel, tous les participants ont présenté une restauration de la fonction des îlots pancréatiques, démontrée par la détection de peptide C. L’effet secondaire grave le plus fréquent était une neutropénie (chez 3 patients). Chez les 12 participants des groupes B et C, aucun épisode sévère d’hypoglycémie n’a été rapporté sur la période. Tous ont maintenu une HbA1c < 7 %, avec plus de 70 % du temps passé dans la cible (70 à 180 mg/dL). Dix d’entre eux (soit 83 %) n’utilisaient plus d’insuline à 1 an.

Les résultats à court terme soutiennent donc l’hypothèse selon laquelle le zimislecel peut restaurer la fonction physiologique des îlots chez les patients diabétiques de type 1, justifiant ainsi des investigations cliniques plus poussées, dans le cadre d’une étude plus vaste.

Référence :
Stem Cell–Derived, Fully Differentiated Islets for Type 1 Diabetes. The New England Journal of Medicine, 20 juin 2025. DOI : 10.1056/NEJMoa2506549

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